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Biodiversité et entreprise : de l’état des lieux à sa préservation

Biodiversité : de quoi parle-t-on ?

La biodiversité désigne l’ensemble des milieux naturels, des formes de vie ainsi que toutes les dépendances qui existent entre ces derniers. La disparition d’un être vivant pouvant entraîner la disparition en cascade d’autres êtres vivants, la biodiversité est  indispensable à la survie des espèces, dont l’homme fait partie.

Cependant, depuis la Révolution Industrielle, nos activités nuisent fortement à la biodiversité : le rythme de disparition des espèces est actuellement 100 à 1000 fois supérieur au taux naturel d’extinction et on estime que 28% des espèces sont aujourd’hui menacées.

Selon la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), on distingue 5 facteurs d’érosion de la biodiversité :

  1. Les changements d’usage des terres et de la mer. On assiste à la dégradation des milieux naturels liés à l’urbanisation et au développement d’infrastructures
  2. L’exploitation des ressources comme la déforestation ou encore le braconnage
  3. Le changement climatique qui contribue à modifier les milieux naturels et oblige certaines espèces à adapter leur mode de vie ou à migrer
  4. La pollution des eaux, des sols et de l’air
  5. La propagation d’espèces exotiques envahissantes

L’érosion de la biodiversité étant identifiée comme l’un des principaux risques économiques par le World Economic Forum, les entreprises seront directement impactées.

Par conséquent, elles doivent envisager dès maintenant, la mise en place d’une stratégie biodiversité afin de se prémunir des risques financiers mais aussi réputationnels, les clients ainsi que les investisseurs étant de plus en plus vigilants en ce qui concerne la préservation de la biodiversité.

Les outils pour évaluer son impact sur la biodiversité

Les espèces et les milieux de vie étant très divers, la mesure de la biodiversité est un exercice difficile. En effet, l’entreprise doit tout d’abord identifier la composante de la biodiversité qui subit des pressions dues à son activité. Il peut s’agir d’un groupe d’arbres, ou d’espèces aquatiques par exemple.

Ensuite, l’entreprise devra définir la propriété mesurable de la composante et choisir un indicateur. Les indicateurs étant multiples et les enjeux étant systémiques, il faut que l’indicateur choisi soit scientifiquement valable, basé sur des données disponibles, réactif au changement et enfin facilement compréhensible et adapté aux besoins des utilisateurs.

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Quelles questions me poser avant d’évaluer l’impact de mon activité sur la biodiversité selon BL évolution ?

  • Quelle est la structure de mon organisation ?
  • Sur quel périmètre va-t-on mesurer l’impact ?
  • Quel est mon objectif ?
  • Quelles sont les données disponibles ?

4 types d’indicateur permettant à l’entreprise d’évaluer l’impact de son activité sur la biodiversité :

  1. Les indicateurs de suivi répondent au modèle « état, pression, réponses » basé sur la notion de causalité entre l’homme, ses activités et son environnement
  2. Les indicateurs d’état désignent les thèmes naturalistes comme la flore terrestre, les mammifères, les reptiles, les insectes
  3. Les indicateurs de pression, eux, visent à identifier les causes de dégradations écologiques liées à l’activité humaine comme le taux de surfaces urbanisées par an par exemple
  4. Les indicateurs de réponse évaluent l’avancement et les effets des mesures prises en faveur de la préservation de la biodiversité

En ce qui concerne, les métriques agrégées ou indicateurs de mesure d’impact, ces derniers se basent sur l’analyse du cycle de vie. L’analyse du cycle de vie permet d’évaluer les impacts qu’un produit ou service peut avoir sur un écosystème. Il peut s’agir de mesurer l’impact lors de la fabrication et du transport des matériaux par exemple.

L’entreprise devra alors faire un inventaire des flux de matières premières et d’énergie par étape du cycle de vie avant de procéder à une évaluation des impacts.

L’Analyse du Cycle de Vie étant encadrée par de nombreuses normes internationales, notamment la norme ISO 14040, c’est l’une des méthodes les plus utilisées par les entreprises pour évaluer leurs impacts environnementaux.

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Un des Indicateurs d’analyse de l’impact du cycle de vie est l’indicateur : Potentially Disappeared Fraction of Species. Cet indicateur désigne le taux de perte potentiel d’espèces dans une zone terrestre ou aquatique pendant une période donnée, ces pertes pouvant être due à l’occupation des sols ou à la conversion des terres.

Cependant, l’analyse ainsi que l’évaluation des impacts sur la biodiversité peuvent être périlleuses pour l’entreprise. Dès lors, elle peut choisir de se baser sur des démarches reconnues.

  1. La démarche Science Based Target for nature élaborée par le Science Based Target Network constitue un cadre et un processus convenu au niveau mondial, permettant aux entreprises de s’aligner en matière de durabilité sur des objectifs de préservation de la biodiversité. Le cadre du processus se base sur une série d’étapes conçues pour guider les entreprises :  ARRRT ( Avoid, Reduce, Restore and Regenerate, Transform).
  2. La norme Afnor NF NF X32-001 parue en janvier 2021. Cette norme répondant à une série d’exigences et de lignes directrices, elle permet à l’entreprise d’élaborer une stratégie, de structurer un plan d’action et par la suite d’évaluer ses résultats et ses améliorations. Ainsi, elle guide pas à pas l’entreprise dans l’analyse de ses impacts et identifie les dépendances de son activité à la nature pour ensuite en mesurer les principaux risques.

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