La compensation carbone c’est quoi ?

Les entreprises s’engageant à être neutres en carbone d’ici 2050 se multiplient. Faguo, Metropolitan Touring, La Poste, Danone, etc. Toutes s’inscrivent dans cette même démarche depuis la COP21 de 2015. Pour beaucoup, une voie vers la neutralité est celle de la compensation carbone. Principe parfois discuté, il s’agit de dire que les impacts d’une tonne de carbone quelque part peuvent être compensés par la séquestration ou la réduction d’une tonne de carbone ailleurs.

Les options

La compensation carbone peut à la fois être le fruit d’une initiative personnelle des entreprises comme la réponse à une obligation légale. C’est ce que la loi ENE de 2010 fixe pour les entreprises de plus de 500 salarié.e.s. Les autres entreprises, elles, sont libres de compenser ce qu’elles souhaitent, et ce grâce à trois possibilités :

  1. L’option forestière en plantant des arbres, protégeant les forêts existantes, etc.
  2. Investir dans les énergies renouvelables.
  3. Utilisation rationnelle de l’énergie.

Les projets de compensation carbone peuvent parfois être décriés, ce malgré les différentes conditions qu’ils doivent remplir. Parmi ces dernières, on retiendra qu’un projet de compensation carbone doit être « additionnel », permettre de mesurer la quantité de CO2 « évitée », réaliser la vérification de ces émissions évitées ou capturées et enfin garantir l’unicité des crédits carbones délivrés. Malgré cet encadrement relativement strict, la compensation carbone est sujette à critiques.

Les critiques

Le concept même de compensation carbone est sous le feu de certaines critiques. En voici quelques-unes :

  • La difficulté de garantir l’existence de plusieurs projets en même temps étant donné qu’ils n’auraient pas existé sans la compensation.
  • La permanence du stockage CO2, notamment pour les projets forestiers. Par exemple, lorsqu’une forêt brûle, le CO2 tout entier est relâché dans l’atmosphère.
  • L’impossibilité d’établir une équivalence précise entre la tonne de CO2 émise et celle soustraite.
  • L’efficacité sur les projets forestiers : la compensation n’est pas immédiate puisque l’arbre mettra des années à séquestrer la quantité de CO2 souhaitée.
  • L’implantation territoriale : souvent décriée pour l’accaparement de terres de certaines communautés locales.

Il est donc, en réalité, compliqué pour une entreprise d’atteindre la neutralité carbone. De fait, les cabinets Carbone4 et all4trees ont d’ores et déjà remplacés le terme compensation par contribution carbone.

Les alternatives

Plusieurs solutions peuvent être proposées, toujours dans une optique de tendre vers un zéro émission nette, plutôt que de l’atteindre. Pour réellement contribuer à la baisse globale de son impact, une entreprise doit :

  1. Mesurer son impact en réalisant un bilan des ses émissions de gaz à effet de serre (GES) 
  2. Réduire au maximum ses propres émissions directes et indirectes.
  3. Réduire au mieux les émissions des autres : en commercialisant des solutions bas carbone ou en finançant des projets bas-carbone extérieurs à sa chaîne de valeur.
  4. Augmenter ses puits de carbone en développant les absorptions de carbone chez soi et au long de sa chaîne de valeur ; et en finançant des projets de puits de carbone hors de sa chaîne de valeur. On parle alors d’insetting soit l’intégration d’engagements socio-environnementaux des entreprises au cœur de leurs filières et métiers.

La contribution carbone est un moyen largement répandu au sein des entreprises pour réduire leurs empreintes GES.

Née à la fin des années 1980, la compensation des GES désigne un ensemble de techniques permettant de contrebalancer en partie ou en totalité, les émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère qui sont dues à une activité et n’ont pas pu être évitées.

Pour autant, la contribution carbone est de plus en plus pointée du doigt. On parle alors de contribution carbone puisque les entreprises se doivent de viser la neutralité carbone et ce, par tous les moyens, notamment par le changement de leurs propres chaînes de production.

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