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Constat : les chiffres de la DATA

  • 80 000 requêtes sont effectuées chaque seconde sur Google, soit 6,9 milliards par jour
  • plus de 720 000 heures de vidéos sont mises en ligne quotidiennement sur YouTube
  • 145 milliards de courriels envoyés chaque jour

En 2010, le monde ne comptait que deux zettaoctets de données numériques. En 2015, ce chiffre avait été multiplié par six. Le volume mondial de données sera multiplié encore par 3,7 entre 2020 et 2025, puis par 3,5 tous les cinq ans jusqu’en 2035, pour atteindre la somme vertigineuse de 2 142 zettaoctets.

En 2019, le Sénat a évalué à 2% le poids du numérique dans les émissions de gaz à effet de serre (GES) totales de la France, soient 15 millions de tonnes équivalent carbone. Deux  On estime ainsi qu’en 2018, 75 % des Français détiennent désormais un smartphone.

Evidemment ces chiffres posent deux questions :

  1. La capacité de nos sociétés à fournir l’énergie nécessaire pour faire face à cette hausse exponentielle du volume de données échangées.
  2. La capacité des Gouvernements à limiter l’utilisation des données personnelles et des bénéfices qu’elles en retirent :
    • une domination technique (oligopole des systèmes d’exploitation Apple et Google sur les smartphones),
    • une domination économique (poids des capitalisations boursières et des chiffres d’affaires des GAFAM équivalents au PIB de certains pays),
    • domination culturelle (normes et vision américaines ou chinoises),
    • domination politique (mise en avant de certains candidats aux élections).

La DATA la ressource du XIXème siècle

Économie de la DATA : un business modèle à réinventer

On perçoit que la donnée numérique est une « ressource précieuse ». Les fournisseurs d’accès internet et téléphonique encouragent les consommateurs à consommer toujours plus de données grâce à des débits plus rapides (le débit de la 5G sera 10 fois plus rapide que celui de la 4G) et toujours moins onéreux. Les forfaits téléphoniques ont pour effet de faire baisser le coût unitaire de la donnée avec le volume téléchargé. Aujourd’hui, on arrive à compenser la consommation énergétique globale grâce à une amélioration unitaire des consommations. Mais il s’agit de repousser le problème qui ne deviendra pas gérable très prochainement. L’exemple de l’Internet des objets induit des données très redondantes et peu optimisées qui augmenteront la consommation énergétique. La sobriété numérique devient un enjeu majeur afin de pouvoir continuer l’innovation tout en optimisant la consommation de données numériques : par une limitation des forfaits illimités par exemple.

Les modèles économiques de la DATA

De multiples modèles économiques existent sur la gestion des DATA bien que le plus emblématique est celui des plateformes qui bouleversent la dynamique des marchés conventionnels, rendent inopérantes les règles de la concurrence et créent des formes inédites de précarité du travail.

La donnée numérique n’a pas de valeur en tant que telle, elle en acquière une fois transformée. Le procédé de de création de la valeur comporte quatre étapes principales :

  1. la production de données,
  2. le stockage (stock ou flux),
  3. le traitement algorithmique,
  4. l’utilisation ou la mise à disposition à des tiers qui vont les réutiliser.

Six modèles économiques se complètent :

  • Le premier modèle consiste à simplement collecter la donnée dans le cadre de l’activité principale, puis revendue à une autre entreprise (exemple : Orange-Business avec l’offre Flux-vision pour les entreprises qui sont intéressées d’évaluer la fréquentation d’un lieu par leurs clients ou connaître les déplacements de ces derniers)
  • Un deuxième modèle consiste à utiliser les données issues d’une activité principale (banque par exemple) pour développer un autre segment d’activités (assurances)
  • Un troisième modèle se caractérise par la commercialisation d’un service payant ou gratuit, basé sur la donnée (exemple : compteur électrique intelligent – modèle dit Commodity Swap).
  • Un quatrième modèle observé repose sur l’intégration des acteurs positionnés sur une chaîne de valeur en vue d’améliorer le service au client final (exemple : chaîne logistique intégrée dans les métiers de la distribution, ou de l’automobile).
  • Un cinquième modèle consiste à regrouper plusieurs partenaires travaillant en réseau pour améliorer l’expérience globale du client (partenariat KLM-Hertz).
  • Un sixième modèle repose sur l’utilisation des données des objets connectés bien que ce modèle économique reste à définir.

Les modèles économiques liés à la DATA sont donc bien établis, il reste aujourd’hui à travailler d’urgence sur la sobriété de l’utilisation des données en optimisant la gestion.

Sources :
Chiffres Google : toutes les statistiques à connaître en 2020, actualité du digital, site Internet.
« Big Data : le volume de données mondial multiplié par 5 d’ici 2025 », www.lebigdata.fr, 5 décembre 2018.
Insee, L’économie et la société à l’ère du numérique, édition 2019.
Guillaume Chevrollier et Jean-Michel Houllegatte, sénateurs, rapport d’information Pour une transition numérique écologique, fait au nom au nom de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable par la mission d’information sur l’empreinte environnementale du numérique, juin 2020.
Voir notamment Henri Isaac, Données, Valeur et Business models, 2016. hal-01821836. https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01821836.

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